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Concédé originalement en 1756 par le seigneur Eustache Lambert-Dumont, ce terrain faisait partie de la Seigneurie de la Rivière-du-Chêne, situé à l'embouchure de la rivière du Chêne et de la rivière des Mille-Îles est acquis en 1796 par le notaire Pierre-Rémy Gagnier.
Dans son testament, il lègue une partie de l'emplacement à sa fille Marie-Marguerite Gagnier, épouse du docteur Jacques Labrie. Ce dernier y établit d'ailleurs une école pour filles.
En 1832, Mme Gagnier renonce à la communauté de son mari décédé plus tôt en 1831, laissant ainsi la propriété à sa fille Marie-Louise-Zéphirine Labrie, épouse du docteur et célèbre chef patriote Jean-Olivier Chénier.
L'endroit est incendié le 14 décembre 1837 lors de la bataille des patriotes. Jean-Olivier Chénier, époux de Marie-Louise-Zéphirine Labrie, chef des rebelles, est tué a deux pas de la maison, à l'église de Saint-Eustache.
Après avoir appartenu à la famille Scott, l'endroit est vendu en 1889 à Georges Lauzon, peintre en bâtiment, entrepreneur en construction et maire de Saint-Eustache, qui construit la résidence aux influences victoriennes et américaines que l'on connaît aujourd'hui.
Par la suite, le député du comté des Deux-Montagnes Arthur Sauvé achète l'emplacement en 1923.
Il en demeure le propriétaire jusqu'à sa mort en 1945, date à laquelle elle est acquise par son fils Paul Sauvé, futur Premier ministre de la province de Québec.
Enfin, la famille Sauvé vend leur propriété à J.-Alphonse Lemay qui la revend presque aussitôt au journaliste Pierre de Bellefeuille.
C'est donc dire que le lot no. 22 du cadastre du village de Saint-Eustache fut la propriété de 5 députés du comté des Deux-Montagnes au fil de son histoire : à savoir Jacques Labrie (1827-1831), William Henry Scott (1829-1837, 1844-1851), Arthur Sauvé (1908-1930), Paul Sauvé (1930-1960) et Pierre de Bellefeuille (1976-1985). C'est sous la houlette de Madame Thérèse Romer, épouse de Pierre de Bellefeuille, que les Jardins prennent leur allure actuelle.
En 2001, la Fondation Maison et Jardins Chénier-Sauvé, un organisme à but non lucratif, acquiert ce joyau patrimonial. Son objectif est de promouvoir l'histoire du Québec par le biais de la famille Sauvé et de l'importance de la flore des Basses-Laurentides. En effet, les jardins de la maison possèdent plus de 3 000 espèces et variétés de plantes.
Quelques années plus tard, en 2007 la ville acquiert
la Maison et les jardins et confie à la fondation le soin
d'y organiser des activités diverses.